Louve solitaire - Léna_Nita, Lénou

30 novembre 2011

Et maintenant ?

Je regrette tellement d'être sortie de ma bulle !
J'y étais à l'abri.
Je ne connaissais ni haine, ni rancoeur, ni mensonge, ni hypocrisie, ni compétiton, ni rivalité, ni jalousie... rien de ce qui a cours dans le monde normal.
J'étais heureuse, toute seule. Je n'avais besoin de personne. J'étais heureuse dans mon petit monde à moi toute seule.
On pouvait me rouer de coups, m'humilier, me négliger, m'abandonner, me priver de soins, me laisser dans la rue comme un chien... rien n'altérait ma joie de vivre ni ma capacité d'émerveillement.
J'étais tellement heureuse de vivre ! Un nuage, le vent frais sur mon visage, la mer, le sable, le ciel, les animaux, les arbres, les fleurs, un paysage, un caillou, un coquillage, un bout de ficelle... un petit rien me passionnait pendant des heures, un petit rien suffisait à me faire imploser de bonheur. Je ressentais une joie d'une intensité indescriptible en contemplant la nature. Je me souviens encore de ce champ derrière la maison de mes grands-parents, les hautes herbes qui ondulaient sous le vent me fascinaient, je passais des heures à les admirer en pensant: C'est comme une mer végétale.

Je vivais à côté des gens, sans entrer dans leur monde et sans éprouver ni le besoin ni le désir de les faire entrer dans le mien. J'ignorais tout du fonctionnement des non-autistes. Je croyais qu'ils étaient comme moi. Même s'ils m'étonnaient énormément parfois (pourquoi ils crient ? Pourquoi ils me frappent ? Pourquoi ils s'agitent ? Pourquoi ils me grondent ?)

Et puis j'ai ouvert la porte de ma bulle et je suis sortie. Je suis entrée dans le monde des normaux, dans l'enfer.
Les choses que j'ai découvertes dans ce monde m'ont terrifiée. J'ai pris progressivement conscience de la réalité du monde dans lequel j'étais née et auquel j'avais le sentiment de ne pas appartenir.
J'ai découvert des personnes cruelles, des personnes médisantes, la manipulation, la cruauté, la violence gratuite... et tant d'autres choses épouvantables. C'est donc ça être normal ?
J'ai cependant voulu devenir normale. Je me suis laissée happer par ce monde qui m'effrayait et me dégoûtait, le monde des gens normaux. Je l'ai fait volontairement, personne ne m'y a obligée. Personne ne m'a forcée à me normaliser. C'est moi et moi seule qui l'ai voulu. J'avais de bonnes raisons de vouloir me normaliser: c'était simplement une question de vie ou de mort. Et je ne voulais pas mourir. Et c'est cela que je regrette: d'avoir fait un choix qui n'en n'était pas vraiment un. Et dont je paie si chèrement le prix depuis toutes ces décennies. Je ne regrette pas d'avoir sauvé ma peau, je suis toujours aussi heureuse de vivre, j'ai conservé ma capacité d'emerveillement, je suis restée au fond de moi la petite fille que j'étais.
Mais j'ai dû apprendre à me battre, à lutter de toutes mes forces, toute seule, sans pouvoir compter sur personne, sans avoir personne pour me soutenir, me guider, m'aider, me réconforter, m'encourager, me protéger, me féliciter... j'étais comme un animal sauvage au milieu des humains. Personne ne m'a apprivoisée, mais j'ai appris à vivre parmi ces êtres si différents de moi. J'ai appris à me comporter comme eux en les imitant, j'ai appris à paraître normale, j'ai appris les us et coutumes des non-autistes.
Auparavant j'étais à peine tolérée, petit à petit, au fil des années, j'ai réussi à me faire accepter par le plus grand nombre des personnes que je côtoyais.
Pendant longtemps j'ai considéré cela comme ma plus grande victoire. Je me sentais forte, plus forte que l'autisme, plus forte que les gens qui avaient voulu me tuer.
Et puis, grâce à ma normalisation, j'ai rencontré des personnes merveilleuses.

Mais à quel prix !
Aujourd'hui je voudrais retourner dans ma bulle. Redevenir comme quand j'étais enfant. Mais c'est impossible. Je suis toujours autiste, mais je suis passée de l'autre côté du miroir. Je connais le monde des normaux. Je ne peux pas redevenir innocente, naïve, pure, inconsciente du monde qui m'entoure. Je ne peux pas ignorer ce qui se passe dans le monde.  Je suis devenue hypersensible, hyper-émotive, excessivement empathique. Une écorchée vive.
Et aussi je suis devenue agressive, parfois violente, parfois méchante même.
J'étais docile, je suis devenue rebelle. J'étais passive, je suis devenue insoumise. J'étais naïve, je suis devenue méfiante.
J'ai appris à aimer mais la plupart des gens que j'aime finissent par me haïr, me rejeter, m'oublier. Je ne sais pas me faire aimer. Peut-être que jene suis pas aimable. Je ne suis pas assez normalisée.
Je suis devenue une sorte de monstre, à moitié humaine à moitié fauve. Trop normalisée pour être considérée comme anormale/handicapée, pas assez normalisée poir être aimée, respectée, acceptée.
Trop normalisée pour quitter le monde des normaux, trop autiste pour y être heureuse.
En fin de compte, je n'étais vraiment normale que lorsque j'étais enfermée dans mon monde intérieur, toute seule, coupée des autres. Si j'étais restée comme ça, je n'aurais pas pu devenir une adulte autonome, j'en suis consciente.
Mais comme c'est douleureux d'être "pas finie" ! Je suis un ersatz de neurotypique. Un fake. Et je souffre de cet état, je souffre parce que je ne suis plus nulle part "chez moi". Ma bulle ne m'appartient plus vraiment, elle est ouverte, offerte à la vue des autres. Je ne suis plus chez moi dans ma bulle. Le monde des normaux n'est pas le mien, je n'y suis pas chez moi. Je suis devenue une sans-abri de la vie.
Aujourd'hui je rêve de quitter le monde des normaux. De partir vivre seule loin de tout et de tous. De devenir ermite (c'était d'ailleurs le projet que j'avais quand j'étais enfant, au début de mon travail de normalisation... dans les moments où je souffrais trop, où la tâche me praissait beaucoup trop dure, je me disais "quand je serai grande je deviendrai ermite".
J'y pense beaucoup ces temps-ci. Je veux finir ma vie loin de la civilisation, loin des humains, toute seule dans la nature.
Je souffre trop parmi les humains.

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27 novembre 2011

Diaporama Petite Suzy et Benji

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21 novembre 2011

Grain de sable

Un grain de sable dans les rouages suffit à bloquer tout le mécanisme dont la mise en place a nécessité des heures de travail accompagné et encadré par des personnes dévouées.  Je parle ici du travail effectué pour essayer de me re-socialiser, me faire prendre un rythme, ré-apprendre à gérer le temps, etc.

L'équilibre (re)trouvé reste toujours extrêmement précaire, susceptible de se rompre à tout moment, principalement à cause d'un imprévu ou d'un changement -même minime- effectué par moi-même sur mon emploi du temps. Ou à cause d'une surcharge sensorielle/ émotionnelle qui me détache du réel et me fait oublier les automatismes et les routines "thérapeutiques" (notez les guillemets, hein, le mot est à prendre avec des pincettes et c'est moi qui l'utilise de ma propre initiative).

Comme m'a dit un de mes amis, je suis tout le temps au taquet depuis que j'ai déménagé (il y a deux ans et demi) et donc encore plus fragile qu'avant.
Depuis le début du travail de re-structuration, j'ai eu quelques échecs, mais j'ai redressé la barre tant bien que mal, en tout cas suffisamment pour pallier les cassures les plus importantes et tenir au moins mes engagements impliquant des interventions humaines à titre professionnel (accompagnateurs).

Mais depuis quelques jours, c'est à nouveau le chaos total. Du grand n'importe quoi. Ryhtme complètement rompu, non-respect du planning, ryhtme cicardien inversé, état larvaire, existence de zombie, tout juste capable de rester assise devant mon ordi, seul moyen de rester calme, de canaliser mon hyperactivité cérébrale et de ne pas partir en stéréotypies, crises d'angoisses et automutilations.
Conséquences graves: je n'ai toujours pas repris rendez-vous chez le dentiste alors que je couve un truc pas bon (hé oui, c'est pas fini cette histoire), pas pris rendez-vous chez le toubib non plus, ni chez le dermato, ni chez l'opthalmo, ni... bref, je néglige totalement ma santé qui nécessite une surveillance régulière et étroite... et ce faisant je mets ma vie en danger. Cerise sur le gâteau, je suis presque à court de médicaments, alors que mon traitement ne doit pas être interrompu brutalement (risque de mort). Eh bien, même en sachant que je risque de mourir à cause de mes propres négligences, je n'arrive pas à me ressaisir.
Comment je vais faire pour être opérationnelle mercredi matin ? Je n'en sais rien.  Je compte sur un sursaut d'énergie, de volonté... ou sur un miracle.

Parallèlement, "on" me prend la tête. Parce qu' "on" veut me voir, parce qu' "on" ne peut pas se passer de moi.
"On" ne me laisse pas tranquille. "On" aggrave mon état.   
Ca me rappelle le temps où j'étais maman solo... pas les bons souvenirs, non, les autres. Je revois encore, mentalement, les dessins que je faisais dans ces moments-là, je dessinais le soir quand les enfants dormaient,  je dessinais pour exprimer, évacuer le trop-plein, mes dessins étaient des hurlements silencieux, des cris de détresse que personne à part moi n'entendait.
Mes enfants, j'étais obligée de m'en occuper vaille que vaille, c'était mon devoir de mère. Malade ou bien-portante, exténuée ou en pleine forme, heureuse ou malheureuse, j'étais le capitaine du navire et je me devais de rester à mon poste contre vents et marées. Mais maintenant... c'est différent. Je n'ai pas l'obligation ni le devoir moral de sacrifier ma santé pour quelqu'un qui... qui quoi au fait ? Que veut-il au juste ? Etre avec moi.  Et devant ma résistance (j'ai pas le choix, je ne peux pas faire autrement, comment pourrais-je être disponible pour quelqu'un quand je n'arrive pas à me gérer moi-même et que je suis sous pression parce que je n'ai plus qu'un jour pour me remettre d'applomb ?)
Et il faut que j'encaisse les remarques acerbes, les sous-entendus pleins de reproches (il ya des sous-entendus que je sais décoder, parce que j'y suis confrontée depuis mon plus jeune âge).  

Je n'ai même plus assez d'énergie pour dessiner. Hormis mes arabesques et grafitis anti-stress, qui ne sont pas des moyens d'expression mais des stratégies d'urgence anti-pétage de plombs.

Non, je ne sais pas dans quel état je serai demain. Je ne sais pas si "demain je récupère encore" (j'aime bien le mot "encore" lourd de sous-entendus et de reproches. Zut ! Voilà, c'est tout. Zut !

 

 

 

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19 novembre 2011

Nouveaux ajouts sur Flickr

http://www.flickr.com/photos/lunenoire/

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02 novembre 2011

La portion de Vache qui rit qui ne rit pas

vachekiri

Regardez ma portion de Vache qui rit :)  Je n'y suis pour rien, je l'ai trouvée comme ça en retirant l'emballage.

Sympa, non ?

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11 avril 2011

Aprés-midi avec Yoyo, Nantes le 04 avril 2011 (05)

A l'entrée du Jardin de l'île de Versailles
(jardin japonais)

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Je marche sur ses pas

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Aprés-midi avec Yoyo, Nantes le 04 avril 2011 (04)

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Le restaurant du jardin de l'île de Versailles était fermé

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Aprés-midi avec Yoyo, Nantes le 04 avril 2011 (03)

L'Erdre

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Yoyo sur la plateforme du restaurant du jardin de l'île de Versailles

 

 

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Aprés-midi avec Yoyo, Nantes le 04 avril 2011 (02)

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Au bord de l'Erdre, quai de Versailles

 

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Sur la plateforme du restaurant au jardin de l'île de Versailles

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Yoyo et Lénou

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Mais pousse-toi Yoyo ! Moi aussi je veux être sur la photo !

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Tu prends toute la place !

 

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